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Le récit de anh Phan Van Song Part 1

posted Aug 7, 2018, 6:52 PM by Andy Nguyen   [ updated Aug 15, 2018, 9:15 AM ]




L'amour et la folie : Les coope'rants Francais au Vietnam.... A` anh Phan Van Song

Bien cher Andy, Cher Michel Michaux,

Merci Andy d'avoir transféré les commentaires très sympa de Michel Michaux! Merci Michel de ces mots !! A propos...
Andy connais-tu la chanson Andy des Rita Mitsouko ? "... Chou Andy Dis moi Oui !!! 
Si tu ne le connais pas, cherche la sur internet, essaie d"être un peu à jour... Ne restez pas qu' avec Aznavour, ou qu' avec Bécaud, ou... Juliette Gréco ... ce n'est pas un peu nostalgique ? non ? pour ne pas dire en bon vieux français ringard? Mais, ne nous fâchons pas ... la ringardise çà se cultive ... car çà fait érudit ... çà fait aussi, "L'homme qui savait trop"...et le fameux "que sera sera par Doris Day" ... qui connait encore, qui pense encore à Doris Day de nos jours ? C'est comme dans notre bon vieux temps, lorsqu' on adorait les films avec Audie Murphy - véritable héros de le 2ème guerre reconverti en star-movie des films westerns, ou Alan Ladd, ou Roy Roger avec son fameux cheval Trigger ...? Ah le souvenir de ces bruits: le clops-clops des sabots du cheval, tirant la cariole xe tho^? mo^., le bruit des tambours pour nous  attirer dans la rue, tous ces nho, ces be con, cette jeunesse de Dakao - Tan Dinh, quartier de ma jeunesse, dans ce Saïgon des années 50, courant derrière le xe tho^?  mo^. -   circulant dans les rues lançant les programmes de cinéma... Gosses, en bande, on allait au cinéma en retard... c'est à dire, après un quart-heure de film, on pouvait rentrer gratuitement, pourvu que la salle ne soit pas trop remplie... Les séances du matin, vers les onze heures n'étaient pas trop remplies... si bien que j'avais une bonne culture de film sans connaître les débuts - mais pour aller aux séances de onze heures il faut faire l'école, après la récré de 10 heures trente. Si bien que  pour mes études, j'étais à jour de toutes les préliminaires et bases et en culture de cinéma les conclusion et les happy-ends - en ce temps là hollywood aimait les belle conclusions. 
C'est aussi l'histoire de ma vie, j'avais une première partie studieuse et pleine d'aventures et une deuxième partie heureuse tranquille dans un coin de la France profonde, où on parle encore patois entre nous, où les voisins se voient, se partagent les fruits et légumes des jardins...où on se fait une bonne bouffe ou deux tous les mois ... et on ne se gargarise pas de calories, de graisse, de sucre ou de ... de ces mots insultants pour les pays qui n'ont pas de quoi se nourrir... Bref, excusez-moi, à mon âge je continue à m'emporter sur la, les bêtises du monde... malgré que depuis monde est monde, l'homme ne cesse de faire que des bêtises...

L'introduction faite, venons aux faits sérieux,

Cher Andy, Cher Michel (permettez-moi de vous appeler Michel, le Monsieur Michaux fait un peu pompeux entre nous. Même à ma prof d'Histé Géo Mlle Geynet, je l'appelle maintenant Gisèle - avec son mari ils sont à Nice maintenant. Comme mon fils Yann-Loup travaille à Sophia-Antipolis et habite Antibes, cela me permet, chaque fois que nous allons voir le fils je profite l'occasion de les voir., ainsi que Jean Despierres, ancien DG des BGI mon chef. C'est l'occasion aussi pour moi de remémorer deux époques du Viet Nam. Avec ma prof, les années 60 de paix de ma jeunesse insouciante, avec JD - je l'appelle JD et sa femme MyThu (Michèle Thérèse - MT - My Thu je leur ai proposé ce prénom vietnamisé un jour en voyant les initiales sur un papier administratif, ils l' ont adopté et depuis... My Thu est devenu son prénom ... si bien beaucoup de personnes la croyaient métisse -ta^y lai, d'autant plus qu'elle parle vietnamien assez couramment, mieux que JD qui lit couramment et le viet et le chinois mais sans en pouvoir parler... Ce sont des enfants d'indo, bien que nés en France mais JD était à Albert Sarrault, à Yersin aussi du temps où l'horloge du clocher marchait encore... 1942, et My Thu chez les soeurs à Saïgon. 
Tout celà pour vous dire que notre monde à nous, les anciens des lycées français, sommes un peu à part. Métissé peut-être est le mot...ou d'anciens d'indo - comme les pieds-noirs d'algérie, avec leurs accents, leurs gestuels... ceux d'Alger, ceux de Mostaganem ...

Coopérant aux pays de la bonnes bouffes
Si MM et d'autres... profs des lycées et écoles français au VN étaient des coopérants français venant ouvrir les esprits des petits vietnamiens, moi aussi avec quelques copains vietnamiens étudiants des années 60 étions aussi des coopérants ouvrant les esprits des petits paysans français...
L'année scolaire 1964-65. Je venais d'être diplômé d'IEP de Toulouse (plus connu sous l'appellation Sciences Po) dont j'étais boursier. Diplômé, je n'ai plus de bourse, il faut donc travailler. Or, je n'ai pas fini mon Droit il me reste encore une année - en ce temps là , Sciences Po se faisaient en 3 ans (concours d'entrée avec le Bac avec mention) et la licence de Droit en 4 ans (simple inscription avec Bac simple). Actuellement tout se fait en 5 ans et s'appelle Maîtrise. Et on n'était pas plus idiot ni moins érudit. 
Comme pendant mes études de ScPo et Droit, pour compléter mon savoir de Science Po je me suis inscrit en plus, à partir le la 2ème année à Toulouse - ma 1ère année j'étais à Paris - successivement chaque année, à un certificat d'histoire puis de géographie... j'ai donc eu un certificat de Géo Géné et un d'Histoire de l'Art... ( j'ai ainsi obtenu une licence de Sciences humaines sans spécialité car j'ai eu un certif de psycho géné, un autre de psycho de l'enfant, puis un certificat de socio géné - ce qui fait 5 certificats pour mériter le nom de licence mais sans spécialité - ce sont des matières que j'ai aimé savoir - les études étaient faciles en ce temps là. Il suffisait ... d'aimer ...  s'y inscrire, payer les frais... suivre les cours ... et encore,  passer l'examen à la fin de l'année - 2 sessions, 2 essais et ... réussir ton coup !!)
Donc, j'ai posté au Rectorat pour être enseignant ou pion ... Et à la fin du mois d'août 1964, j'ai été appelé pour être Maître Auxiliaire d'Histé-Géo au Lycée des Garçons d'Auch - capital du Gers, pour un an, toute une année scolaire complète, chose rare. 

Le Dépucelage d'un enfant égaré !!
Quand je me suis présenté, mon emploi du temps était déjà prêt... en tant que MA je dois 20 heures, quant aux les ipesiens et caspesiens 18, et les aggrég 14... MM comprend et s'il a envie vous expliquera... En tant que MA , je n'ai pas de choix, ni dans les classes, ni dans les horaires, les premières heures, et les dernières heures, y comprises les 7 ème heures. c'est le Ma cu~ a<n hie^'p ma mo'i - Ancien fantômes pressurent les nouveaux fantômes - tradition  chère à nous autres, viets. Bref, nouveau, débutant, je n'ai qu' une seule classe de  6 ème avec bébés gentils mignons que j'ai beaucoup appréciés - une 4 ème horrible, pleine de garnements, avec trois-quarts de petites filles en pleine puberté qui passaient leur temps à glousser, et puis, le summum, 3 classes de seconde donc une de M' (prime) - c'est pire que M. Des 4ème et des secondes qui n'ont rien à faire de l'Histoire, ni de la Géographie, surtout les seconde avec de la Géologie au programme. On est en seconde, avec le brevet déjà passé, le bac encore lointain. C'étaient des gaillards plus grands que moi, pourtant je fait 1 m78 - une taille assez respectable pour un viet. 
Auch, le Gers c'est le pays de la pelote - à la récré on tapait la balle à main nue sur des grands frontons - et du rugby. En tant que prof tu ne pouvais "coller" - punir - certains élèves, le prof d'EP viendra à la salle de punition, pour l'entrainement  de rugby, parce que c'est un pilier nécessaire, ou un trois-quart super, et n'en parlons pas si c'était un ouvreur ou un demi, car c'étaient des futurs dieux du stade... je sais ce que c'est... je jouais n°11 ( trois-quarts gauche) dans l'équipe de la Fac de Droit de Toulouse... j'ai eu l'honneur de jouer contre Villepreux, l'arrière international de l'équipe de France plus tard, à cette époque, il jouait pour le Stade Toulousain et travaillait comme prof d'EP au Lycée Bellevue de Toulouse,. On se rencontrait à l'occasion des matches inter-universtaires, dans le cadre de l'ASSU.
Bref, cette première rencontre avec le métier de prof de lycée a renforcé mon idée de ne pas entrer dans ce métier, en tout cas surtout pas dans le secondaire. Être prof oui, peut-être, mais dans l'universitaire, d'autant plus que "nouveau fantôme", on a prétexté que je suis diplômé d'IEP, pour charger sur moi tout le programme d'instruction civique - matière à cette époque obligatoire à partir de la 4ème ? - mais seulement 1 heure par semaine et par les prof d'HistéGéo. Comme personne n'en voulait alors on poussait tout vers le nouveau. Une année complète horrible à Auch? Pas complètement, car j'ai eu d'autres compensations:
C'est aussi à Auch que j'ai appris à aimer la bonne cuisine française. Nous étions - les célibataires - en pension, midi et soir à l'Hôtel de France...L' ETABLISSEMENT d'Auch, LA CUISINE, sa cuisine était une cuisine authentiquement régionale, gersoise, avec des VRAIS produits (de la ferme) : le poulet est du vrai poulet du Gers, le magret, de canard, d'oie sont   du Gers, les légumes sont de saison, du terroir... le Dimanche avec le prof d'allemand, un corse, on étaient "deux seuls es - trangers", les autres célibataires avaient de la famille dans la région, sauf nous, alors les parents d'élèves - souvent les agriculteurs fermiers -  se passaient le mot pour nous inviter dans leurs fermes pour passer Dimanche avec qu'eux. Cela nous arrivait ensemble trois fois, et deux fois avec moi tout seul. Chaque fois, ce fut un souvenir inoubliable, 50 ans ont passé, je les vois encore les gens, les plats, je les sens encore les saveurs, les odeurs... Ah ces repas champêtres, bucoliques, copieux, bien arrosés, trop bien même - c'est du Monet ou Manet - déjeuner su l'herbe- je ne me souviens pas très bien le quel des deux- après chaque déjeuner plus ou moins pantagruélique, beaucoup plus que moins, bien arrosé, aussi bien qu'aux entrées qu'à la sorties - à chaque met son vin - du doux au fort, du pâle au sombre, du sirop au nectar...  on a droit à une sieste réparatrice..; après la sieste, on rebelote, un goûter campagnard avec des produits campagnards quelques tranches de saucissons secs un peu de pâtés de foie... maison... et du bon vin du pays,... car à l'époque en France, on respectait les gens, et surtout dans la bonne vieille France profonde ... on  ne buvait pas l'eau... Elle es réservée aux ablutions, à moins que Jésus soit passé par là!!
(D'ailleurs le verbe boire, c'est boire du vin. To drink c'est pareille, Drunker, buveur, c'est des buveurs de vin ou d'alcool!! Aller expliquer çà aux vietnamiens qui apprennent le français, quand ils s'expriment leur choix en commandant de l'eau en disant ils aiment boire !!! et qu'on le regarde d'une manière bizarre !!

Quand j'étais à Saint Brieuc, premier boulot, première journée, au premier petit matin, quel fut ma surprise quand j'ai commandé un café au bar de la taverne en face de l'hôtel, de se retrouver tout bête, qu'avec le café (du matin - le premier café) on m'a servi aussi un petit verre d'un liquide transparent, et à ma question que dois-je en faire, le tavernier a pris le verre et me dis : ou vous l'avalez ou vous le versez dans votre café çà va LE réchauffer  - notez bien le mot, LE pour le café!! J'ai appris plus tard que c'est le calva - ou calvados, du nom de la région, mais c'est une superbe gnôle locale, qui, prise à sec le matin te tiendra debout toute la journée!!)

Revenons à nos moutons, à notre journée de Dimanche bucolique en campagne gersoise, arrivée vers les 11 heures et 1/2, au retour de la messe, nous sommes en pays catholique, toute la famille doit sortir, mais seuls les femmes et les enfants sont à la messe et les maris se donnent rendez-vous au café en face de l'église pour les ragots et nouvelles du pays (sans quoi comment voulez-vous que nous - les hommes - sachions les nouvelles du pays - il n'y a que des fainéants qui trainent au café qui lisent les journaux - la preuve les journaux sont toujours dans les cafés et les magazines dans les salons de coiffure... pour des gens ou qui ne foutent rien ou qui attendent ...) ... Bref, nous voilà chez notre hôte, ce sont souvent les enfants qui guettaient notre arrivée, mais c'est toute la famille qui nous accueille, ... bouquet de fleurs, gâteaux, friandises, bouteilles de vin, de champagne... choses offertes habituellement à l'hôtesse, mais  souvent inutiles, ils les ont toutes et des belles, biens, des bonnes et des meilleurs..., enfin ce n'est pas grave, ce le geste qui compte. Débutent les bisses... j'ai appris et prends l'habitude des bises avec les français... deux, parfois trois, quatre suivant la région, que nous appelons pays en France... Puis apéritifs, repas, sieste, goûter... et puis last but not least, vers la fin de l'après-midi avant de nous en aller, rebelote, un petit souper,... vraiment petit...  et un panier à emporter pour le petite faim de minuit ... car on allait au lit tôt à cet époque, car il n'y avait pas la télé, et  aussi parce qu' il faut se lever tôt - nous sommes en pays champêtre, chez la France qui travaille.
  
Le Gers, c'est aussi le pays de l'Armagnac... et certains de les nos hôtes étaient des bouilleurs de crus, et c'est chez eux que j'ai connu des crus mémorables, que jamais j'ai pu retrouvés... oh! nostalgie, quand tu nous tiens... Après cette année mémorable, où j'ai vraiment appris une vraie vie française, où j'ai été vraiment plongé dans un vrai bain français. 
Toulouse pourtant n'était pas loin, 50 km, une heure de micheline, le petit train de campagne portait ce nom, mais je n'avais le temps d'y aller, dans la semaine, mon emploi du temps me permettait à peine faire des sauts à la Fac de Droit récupérer les polycops, ou photocopier les cours de mes copains... La quatrième année de Droit, je n'ai eu qu'à la 2ème session, quand j'ai pu récupérer tous les cours des amis et avoir les vacances pour bûcher. Je n'ai pas pu aller les Dimanches non plus, mes amis viets restant encore étudiants avec leurs habitudes d'étudiant n'étaient pas en phase avec moi... Certains Dimanches à Auch, si je suis pas invités par les fermiers je prenais, mon sac au dos et ma gourde et partis à la découverte de la région. J'ai un salaire, j'ai des sous, je prends des cours de conduite et je passe mon permis, puis un jour, j'ai acheté une voiture... au lieu d'une 2CV comme tout débutant, je joue gros, j'opte pour une Panhard tigre. Elle est superbe, elle est rouge, c'est une super voiture, saviez - vous qu'elle la même conception de moteur que la Porsche? moteur refroidissement à air à plat -flat twin; Les 2cv, Panhard, Porsche, VW coccinelle, moto BMW ont même conception. Bref, j'ai été  très fier, fier d'être le seul, le premier de ma génération, arrivé en France à avoir du travail, et à avoir sa voiture achetée avec son argent ... !! L'année après, après une vacances studieuse, pour finir le Droit, j'ai réitéré ma demande d'être MA d'HistéGéo, demande acceptée, mais sans poste fixe, comme je suis motorisé c'était sans crainte que j'aborde mon avenir maintenant, je faisais des remplacements, congé de maternité, ici, trois mois à Saint Afrique dans l'Aveyron où j'ai appris à aimer le tripous (prononcer tripouss)... comme son nom l'indique, c'est des tripes, c'est très bon, mais quand on te sert au petit déjeuner c'est perturbant... là, à j Condom dans le Gers pour  un congé de maladie ... pour enfin au 3ème trimestre - en avril 1966, atterrir au Collège Saint Cyprien annexe Lycée Pierre de Fermat Toulouse pour de nouveau un congé de maternité et enfin y  rester jusqu'à la fin de l'année scolaire 68/ 69. A partir de la rentrée 1969, grâce à ces années de stabilité à Toulouse j'ai eu suffisamment de diplômes pour et m'inscrire en thésard et ainsi pouvoir demander un poste d'assistant à L'Institut des Etudes Internationales du Professeur Pierre Vellas qui est aussi mon patron de thèse (Le professeur Pierre Vellas, professeur de Droit International Public avait pour patron de thèse le Professeur Nguyen Quoc Dinh - lorsque je suis allé me présenter à lui pour solliciter son patronat, il a accepté en disant, le cercle est bouclé, il a été disciple un juriste vietnamien, il transmet son savoir à un autre juriste vietnamien, j'espère que vous voyez le symbole). 
Si vous ne connaissiez pas le Professeur Nguyen Quoc Dinh je vous en parlerez un jour, c'est un immense personnage !!
La suite, c'est un déroulement de tapis. Thèse présentée en mai 71... Saïgon en Octobre 71 et la suite que je vous ai déjà racontée.

S'il vous plaît, ne méprenez mon bavardage, car parler de soi est la pire des vanités. Loin de moi l'idée de vous épater. Comme Andy le savait, quand il m'avait rencontré  en 1999,  je n'étais un petit prof contractuel d'une Université française de province,  pourvu d'un titre ronflant - professeur associé - mais sans espèces sonnantes, j'avais une enveloppe de 20 000 francs - heureusement nets, à peine plus de 3000€ par trimestre pour organiser mon cours - dans le cadre le la formation du DESS de Droit Médical - mon cours portait sur la sécurité sociale - sciences rébarbatives mais nécessaires pour ceux qui s'y intéressent seulement. Elles sont si rébarbatives que même certains juristes spécialistes, qui les utilisent, rechignent à enseigner. A l'époque actuel, je pourrais m'inscrire à L'ANPE comme un intermittent d'enseignement, mais à mon époque ce type de métier n'existe pas pour tout les corps de métier - peut-être de spectacle - comme acteur  - j'étais aussi acteur ... je vous raconterai ... vraiment et je vous inviterai de voir ce film d'un grand metteur en scène avec des grands acteurs, que j'ai vraiment côtoyer durant un mois. 

Andy, était le seul des amis à comprendre que j'avais du mal à suivre le rythme des dépenses des copains ...

Aujourd'hui, je suis en veine de bavardage, excité par les hésitations de Michel... alors j'ouvre le bal, espérant que chacun de vous raconterez ce qui ce passait ou ce qui marquait dans votre vie... des choses bonnes appréciables, des mauvaises choses cauchemardesques, qui vous marquent à vie, mais que vous n'arrivez pas à raconter. Mes quatre années de prison dans les camps viet cong je ne vois que par bribes anecdotiques, aujourd'hui, je n'ai m^me pas de notions de dates. Je sais que je suis arrêté le 10 juillet 1976 quand je faisais la queue pour prendre l'avion, mon séjour emprisonné à l'Hôtel Majestic , mon passage à ma résidence le 2 août pour la fouille, mais ma femme Chantal, membre de l'ambassade de France à Saïgon, réclamant son immunité diplomatique, a eu sa chambre (notre chambre) respectée - entre nous elle a bluffé, elle est avec moi dans un logement de fonction des BGI - rue Thi Sach, l'immunité ne joue pas ici. 
A partir du 2 août 1976, ce fut le black-out total, je suis réveillé dans l'avion qui me transporta hors du Viet Nam quand un ami de Chantal, membre de l'Ambassade de France de Saïgon, diplomate bien entendu vient jusqu'aux classes touristes pour m'inviter à le rejoindre aux premières et me dire " Song, ton cauchemar est fini, on vient de quitter l'espace vietnamienne, on va arriver en Thaïlande" et me re donner tous les papiers personnels que Chantal avait l'intelligence de les conserver dans son bureau à l'ambassade et ce dossier est transmis de responsable jusqu'à ma sortie mais ayant pour ordre de me les remettre qu'aux frontières hors du Viet Nam et si je suis mort retournés à Hélène ou à notre fils Cyril. Celà vous pourrait absurde maintenant et parano !! mais quand on se fait arrêté sans raison et passer 4 ans en prison pour être libéré avec un papier de libération provisoire Tam Tha, car je n'ai jamais été arr^té me répondit-on lorsque j'ai demandé la signification du billet Tam Tha libération provisoire, je n'ai été qu" en garde à vue' - tam giu de dieu tra - gardé provisoirement pour enquête. Et vous voulez que j'aime le Communisme, que j'aille visiter ces gens qui soient disant nous gouvernent? Sur ce, un Monsieur d'une rangée plus loin, se présente: "Je suis Emmanuel de la Taille - taille comme Taille crayon, je suis journaliste, racontez - moi votre histoire et puis, permettez-moi de vous offrir du Champagne !!" première goutte de champagne. J'étais tout prêt à lui raconter avec ce champagne qui me grisait - j'étais euphorique, et malheureux - à la fois heureux d'être échappé de l'enfer, en même temps honteux aussi de s'enfuir en laissant ses parents derrière soi - les parents dont les derniers moments seraient seuls sans ma présence -  leur fils aîné - la pire des fautes filiales pour nous autres viets c'est de ne pas "enterrer" ses parents. C'est aussi pour cela que j'en voulais tellement aux communistes vietcong. Je sais que c'est injuste de ma part, mais pendant des années, je ne fréquentais pas trop, ni participais pas trop aux retrouvailles festives, et surtout lire les récits des nuits câlines, des nuits d'amour, de tendresses ... qui me rendent pas à l'aise... J'aime les chansons, mais pourquoi les gens font du bruits avec les chansons ...? Et surtout quand je sais qu'il y a des gens malheureux au VN, je me sens mal à l'aise de faire du bruit, clamer notre bonheur. Et surtout ne dîtes pas que le VN va bien. Alors pourquoi, tout vietnamien rêve de quitter le pays ? et pourquoi aucun de nous ne revient y vivre, je parle pas de vacances, je parle d'y vivre...
Voilà je crois que çà suffit pour ce matin!! Pardonnez- ma divagation sans queue ni t^te parfois, si cela vous plaît répondez-moi, sinon effacez  ces mots et oubliez les et pardon pour le dérangement !!
Merci Andy, Merci Michel Michaux de m'avoir lu et de me donner envie de raconter et dire certaines choses que je n'ai pas envie de dire à tout le monde  !!
Marabout LY 1961
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-----Original Message-----
From: xmichaut2 <xmichaut2@noos.fr>
To: anguyen554 <anguyen554@aol.com>
Sent: Tue, Aug 7, 2018 3:25 am
Subject: Re: Re: L'amour et la folie : Les coope'rants Francais au Vietnam.... A` anh Phan Van Song

Cher M. Anh Song

un grand bravo pour ce long et passionnant récit
des épisodes marquants de votre existence 
notamment dans les régions françaises
une vie pleine de diversité

de mon côté la diversité est plus au VN qu'en France

une première chose
et le fameux "que sera sera par Doris Day" ... 
qui connait encore, qui pense encore à Doris Day de nos jours ?

moi !!!
une chanson à en France a marqué l'opinion
j'en ai le souvenir 
comme la chanson J'attendrai 
pas celle de Dalida en 1987
mais celle de Rita Ketty en 1938
la radio l'a diffusait toujours dans les années 40
avec étoiles de neiges et le petit vin Blanc
mais né en 1941
la radio a marqué ma petite enfance

cela dit j'ai des questions 
comme MA vous avez couvert la période des années 60
mais vous ne parlez pas de mai 68 ni de la contestation dans les lycées jusqu'en 1972
cela ne se serait pas produit en province ? seulement à Paris ?

Le dépucelage sous entendu "professionnel"
j'ai cru que l'on allait savourer un épisode grivois
dommage !!!
mais ce doit être votre côté pudique VN

le séjour en prison VC  ou camp de reéducation ?
dommage aussi de ne pas en apprendre plus
quasiment rien d'ailleurs
c'est un peu comme en France la Guerre d'Algérie
ceux qui l'on faite n'en parlent jamais

sachez que j'apprécie vous dévouement
de nous confier vos souvenirs
d'avoir osé Bravo
espérant que vous serez pour d'autres VN 
un exemple à suivre

amicalement votre 

MM

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Mon cher anh Song,
je suis content de recevoir un petit mot de toi. Je viens juste de lire ton mail et  c'est grace a` anh Henri Hu*ng. Comme je te disais, tous tes mails etaient dans ma corbeille Spam Mail....Non, helas,  je ne connais pas la chanson Andy de Rita Mitsouko et j'irai sur You Tube pour l'ecouter. Il faut dire que je suis si engloute' dans la musique des annees 60-70 que j'oublie le present !.Alors que la musique progresse et transgresse , moi je reste comme une relique du passe', toujours ancre'e sur la rue Catinat, Le Continental, Le CSS, Brodard, Givral, Le Roche Noir du Cap St Jacques, L'auberge de la Chaumie`re a` Dalat, ma jeunesse  et mes souvenirs inoubliables.  Mais je crois que c'est sain et tonique de sortir de temps en temps de ton coquillage n'est ce pas ?

Mon Dieu quel recit ! ma tension commence a monter ! et ce n'est que l'episode No 1 c'est ce pas anh Song?. Il faut que tu me laisses reposer un peu. Les medicaments, ca coutent vachement chers aux USA !. Je t'envoies ci joint une autre photo . Je suis sur que tu reconnaitras les personalites ! a toi de deviner....Bonne journee anh Song.

Bien a vous,

Andy

PS: Tous les recits seront dans www.lyceeyersin.org
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